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La forme solide, aussi appelée ammonitrate est l'engrais azoté le plus utilisé en France. Si vous cotoyez le monde agricole vous avez sans doute déjà vu des sacs estampillés AZF contenant des petits granulés sphériques de nitrate d'ammonium. Chaque année plus de 22 millions de tonnes de cet engrais sont utilisées dans le monde. La France a consommé pendant l'année 1995/1996 1 024 milliers de tonnes d'azote libre. En comparaison pendant la même période, l'Union européenne dans son ensemble en a consommé 1 782 et le monde 6 577 milliers de tonnes (1). Ce sel est préparé industriellement en faisant réagir à une température de 160°C et sous une pression de 3 bars l'acide nitrique (HNO3) sur le gaz ammoniac (NH3). Le contrôle thermique de la réaction est impératif puisqu'au-dessus de 195°C, le nitrate d'ammonium peut se décomposer et exploser. Avec cette simple remarque le ton est donné : nous avons affaire à un produit chimique dangereux. D'autant plus qu'étant utilisé massivement pour l'agriculture et, dans une moindre mesure, sur les chantiers de travaux publics, il est disséminé et stocké sur tout le territoire dans des conditions mal contrôlées. Le transport par mer, rail, et route a entraîné et continue d'entraîner de nombreuses catastrophes (voir page sur ce sujet). Dans l'introduction au Mastère sur le nitrate d'ammonium, qu'ils ont rédigé en 2002 à l'ENSIACET, Isabelle Brusset, Fabien Leveau, Pascal Spinat, Alexandre Trani et Julien Verollet (1) écrivaient : "Les entreprises chimiques occupent périodiquement la une des média lorsqu'un stockage ou une unité de fabrication explose quelque part dans le monde. Le nitrate d'ammonium fait partie des produits impliqués dans de tels accidents. Stable pour les uns, dangereux pour les autres, sa chimie est des plus complexes. L'explosion survenue à Toulouse le 21 septembre 2001 dans l'usine AZF a détruit la moitié de notre école, tué un de nos anciens et blessé de nombreux collègues. Certes cette molécule était présentée dans les cours de chimie industrielle plus comme une molécule d'hier que porteuse de développement à venir. Il nous a paru utile, dans ce contexte, de mieux connaître cette molécule qui vient de perturber sérieusement notre quotidien."
Les auteurs ont étudié les propriétés physiques et chimiques du nitrate d'ammonium (NA), ses procédés de fabrication, sa réactivité, ses utilisations et la sécurité lors des manipulations. Le chapitre 3 qui a trait à la réactivité décrit en particulier les propriétés explosives et la sensibilisation du NA à la détonation. Il ressort que NA est un sel très réactif vis-à-vis de nombreux éléments comme le sodium, l'aluminium en poudre, le phosphore rouge, le chrome, le magnésium, le colbalt, le nickel, le zinc... Mis en présence de ces éléments il peut, sous certaines conditions de température et d'humidité, subir une décomposition explosive dont les schéma réactionnels sont complexes. La nature des produits de décomposition : oxydes d'azote (NO, NO2 (vapeurs rousses), N2O), HNO3, NH3, N2, H2, O2 dépend de la température. En outre, la réaction de décomposition peut être catalysée par divers agents comme le noir de platine, des acides, des corps pulvérulents (poudre de verre), le graphite, des oxydes métalliques, des composés du cuivre, du manganèse, du cobalt et du chrome. Il faut noter que la sensibilisation de NA est fortement accrue si la surface spécifique ou la porosité du matériau augmentent et si la granulométrie ou la densité diminuent. (1) Description, production, utilisations et précautions d'usage, Ecole Nationale Supérieure en Arts chimiques et Technologiques (ENSIACET), 118, route de Narbonne, 31077, Toulouse. (http://www.ensiacet.fr)
(2)voir aussi le site : http://vivevoix.site.voila.fr/
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