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LES LIQUIDATEURS

EDITIONS NOIR DELIRE, 2002

Sélection Prix Polar dans la ville 2002

summary in english

" ... A ce moment-là, le réacteur continue de brûler, crachant dans le ciel des millions de curies. Il n'est pas le seul à crever. Le vieil abcès de notre société vient d'éclater. Il suppure : optimisme béat, aveuglement, corruption, protectionnisme, irresponsabilités et privilèges. Le cadavre d'une époque révolue, de l'ère du mensonge et de la décomposition des valeurs spirituelles exhale des radiations nauséabondes."

Grigori Medevedev, La vérité sur Tchernnobyl, Albin Michel, 1990

Les Liquidateurs au boulot. L'intensité du rayonnement atteint 1000 röntgens !

Documents sur Tchernobyl : photos, vidéos, données sur la radioactivité et ...

un petit week-end en amoureux à Tchernoby ! !

extrait de "Les Liquidateurs", p.169-171

" (...) – Qui sont ces Liquidateurs, d'où viennent-ils, que veulent-ils ? demanda Brossard.

– Pour comprendre, commença Sacha, il faut remonter à mai 86, au lendemain de l'explosion. Alors que tout était détruit et irradiait comme l'enfer, les consignes officielles arrivèrent, sèches et sans appel : "Il faut liquider les conséquences de l'accident. La production électrique doit reprendre ! Du nerf ! Réparez au plus vite les parties détruites pour que les trois réacteurs intacts puissent redémarrer." Tu notes le mot liquider ! Sais-tu ce que ce mot impliquait ?

Silence.

– Eh bien, il fallait dégager les cent quarante tonnes de gravats hautement radioactifs, dispersées sur le toit du réacteur numéro trois par l'explosion de numéro quatre. Il fallait les pousser, les faire basculer dans le cratère du quatre, un gouffre situé en contrebas. Travail de titan dans un environnement infernal. Pousser le tas de merde dans le réacteur qui brûlait encore et irradiait la mort ! Le cœur de la bête était en fusion. C'était une masse liquide de graphite, d'acier, d'uranium portée à des dizaines de milliers de degrés. Il fallait faire ce boulot avant de commencer la construction du sarcophage...

– Le sarcophage ?

– Une gigantesque structure d'acier et de béton qui allait être construite au-dessus du cratère. Censé protéger les hommes du rayonnement pendant des millénaires, il est fissuré depuis longtemps et laisse passer la pluie.

– Comment ont-ils réussi à déblayer les gravats ?

– On a d'abord essayé des robots, d'énormes engins déposés par hélicoptère. Pilotés à distance, les monstres s'avançaient, raclaient le sol, entassaient d'énormes blocs, donnant une impression de puissance. Dès qu'ils s'approchaient du cratère, ils étaient soumis à un taux de rayonnement diabolique. Ils hésitaient, allaient de droite et de gauche, s'arrêtaient et repartaient pour quelquesmètres, zigzaguant au milieu des débris de toutes sortes. Certains se retournaient et avançaient, menaçants, vers les hommes qui essayaient de les contrôler. Les robots deviennent fous ! hurlaient les techniciens. Et, soudain, les mastodontes semblaient se heurter à un mur. Impossible de les faire repartir. Avec quatre cents röntgens par heure sur la gueule, les batteries et les circuits électroniques de commande étaient mis hors d'usage en quelques dizaines de secondes, court-circuités, brûlés, foutus... Les robots s'arrêtaient, ridicules, impuissants.

– Et alors ?

– On a fait appel aux machines humaines ! Pas d'électronique là-dedans. Des muscles, des os, des nerfs, des neurones. Ça résiste plus longtemps et c'est moins cher que les transistors et les puces au silicium ! Les Biorobots, comme on les a appelés, se sont mis au travail ! Quelques volontaires, mais surtout des jeunes qui faisaient leur service militaire, des ouvriers, des mineurs réquisitionnés !

– Y'en a eu beaucoup ?

– 600 000 ! On leur a fourni un équipement de protection rudimentaire : tissus imprégnés de sels de plomb pour le corps, trousse de plomb pour les couilles, plaques du même métal pour la colonne vertébrale, plusieurs millimètres de matière plastique pour protéger le visage. Sans oublier le groin, un masque anti-poussières dont la forme faisait penser à un museau de porc." (*)

La quatrième de couv

"Imagine une trentaine de fûts bourrés de saloperie. Ça crache : alpha, beta, gamma, tout l'alphabet nucléaire. Et t'es au milieu, dans la poubelle. Tu vas crever comme un rat, comme la femme à la baignoire !... hurle Luc Brossard.

Quand il découvre l'horreur, il part en guerre malgré le diktat du patron et se découvre beaucoup d'ennemis. Non seulemnt les tueurs du réseau ukrainien, mais aussi tous ceux qui n'aiment pas les empêcheurs d'irradier en rond !

Heureusement, un mec débarque et se présente : "Pavel Touchine, liquidateur !"

Brossard fronça les sourcils.

"Tchernobyl !... " précisa l'homme.

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